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CR de Négociation du 30 avril 2026

  • 30 avr.
  • 3 min de lecture

Des avancées limitées, des déséquilibres persistants

La journée de négociation du 30 avril 2026 a une nouvelle fois mis en lumière les choix de l’administration et les désaccords profonds qui persistent avec les organisations syndicales. Les discussions ont porté sur des sujets essentiels pour les agents et les salariés : salaires, protection sociale, conditions de travail, retraite et télétravail.

Si certains points ont connu des avancées, souvent sous l’impulsion des revendications syndicales, l’ensemble reste marqué par des propositions déséquilibrées et insuffisantes au regard des enjeux actuels d'attractivité de l'ASNR.

Protection sociale : une stabilité à préserver, des inquiétudes à venir

Sur la complémentaire santé et la prévoyance, l’administration propose de prolonger les dispositifs actuels jusqu’à fin 2028. Cette décision, proposée par la CGT, permet de garantir la continuité des droits et de préserver un niveau de couverture globalement satisfaisant.

Cette prolongation répond à une réalité technique et réglementaire qui ne permet pas, à ce stade, de refondre les dispositifs dans des conditions sécurisées. Elle évite surtout de précipiter une réforme qui pourrait s’avérer défavorable aux salariés.

Mais cette stabilité apparente ne doit pas masquer les risques à venir. L’objectif affiché d’une harmonisation entre salariés et agents publics fait peser une incertitude réelle sur le niveau futur des garanties. La CGT restera particulièrement vigilante pour éviter toute dégradation d’un système aujourd’hui équilibré et protecteur.

Conditions de travail : des ambitions en retrait

Les discussions sur la qualité de vie et les conditions de travail confirment une tendance préoccupante sur des ambitions en berne. Si certaines mesures existantes, notamment en matière de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, sont reconduites, le projet d’accord apparaît en retrait sur les aspects fondamentaux des conditions de travail.

Les engagements concrets sur l’environnement de travail, l’organisation des espaces ou encore les moyens matériels semblent s’effacer. Plus préoccupant encore, la prévention des risques psychosociaux reste largement centrée sur le traitement des situations dégradées, sans s’attaquer réellement à leurs causes.

Dans un contexte de réorganisation et de transformation, cette approche est insuffisante. La CGT insiste sur la nécessité de développer une véritable prévention en amont, en agissant sur l’organisation du travail, les pratiques managériales et la charge de travail. Les signaux d’alerte existent déjà et ne peuvent être ignorés.

Retraite supplémentaire : des propositions à rééquilibrer

Les évolutions envisagées sur la retraite supplémentaire, notamment avec la disparition de l’article 39, posent des problèmes d’équité importants. Le scénario proposé par l’administration, basé sur une majoration de l’indemnité de fin de carrière, ne compense pas de manière satisfaisante les pertes pour une partie des salariés.

Les salariéss les plus proches du départ à la retraite apparaissent comme les principaux perdants.

Cette situation est inacceptable pour la CGT, qui demande une révision des hypothèses afin de garantir une compensation à la hauteur des droits initialement attendus. Au-delà de la technique, c’est une question de justice qui est posée. Les salariés concernés ne doivent pas être les variables d’ajustement d’une réforme imposée.

Télétravail : un accord signé en responsabilité

Sur le télétravail, la CGT a fait le choix de signer le nouvel accord. Ce choix n’est pas un blanc-seing, mais un acte de responsabilité visant à sécuriser les droits des salariés dans un contexte où une décision unilatérale de l’employeur aurait pu être moins favorable.

L’accord comporte des avancées portées par la CGT, notamment sur la garantie de maintien du forfait le plus favorable aux salariés disposant actuellement d'un forfait amené à disparaitre.

Cet accord reste néanmoins imparfait, en particulier sur la question des indemnités, qui restent inégalitaires entre salariés et agents publics.

La signature de la CGT s’inscrit donc dans une logique pragmatique : préserver des acquis et éviter un recul, tout en continuant à porter des revendications d’amélioration.

Salaires : l’individualisation comme seule réponse

L’ouverture de la négociation annuelle obligatoire confirme une orientation déjà largement contestée les années précédentes. L’administration persiste à privilégier quasi exclusivement les mesures individuelles et les primes, sans proposer de véritable mesure collective.

Ce choix est loin d’être neutre. Il fragilise la reconnaissance collective du travail et accentue les inégalités entre salariés. Dans un contexte où l’inflation impacte l’ensemble des agents, cette approche apparaît déconnectée des réalités vécues.

La CGT conteste fermement cette orientation et revendique la mise en place d’une mesure collective permettant de garantir un socle d’augmentation pour tous. Derrière cette demande, il s’agit de rétablir un minimum d’équité et de préserver le pouvoir d’achat, aujourd’hui mis à mal.


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