Compte rendu CSA du 30 juin 2026
- 30 juin
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Réorganisation de l’ASNR : entre ambitions mal définies et fortes inquiétudes des personnels
Le Comité Social d’Administration (CSA) du 30 juin 2026 a marqué une étape importante dans le processus de transformation de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR). Au cœur des débats : la réorganisation des directions dites « cœur de métier », les conclusions de l’expertise indépendante Technologia, ainsi que les perspectives budgétaires de l’établissement.
Si la nécessité d’adapter l’organisation à la création de l’ASNR n’est pas remise en cause, les échanges ont mis en lumière de nombreuses interrogations sur les conditions de réussite de cette transformation. Retour sur les principaux enseignements de cette réunion.
Une réorganisation jugée encore trop floue
L’expertise réalisée par le cabinet Technologia confirme que la réorganisation répond aux objectifs fixés lors de la création de l’ASNR. Cependant, le rapport souligne que plusieurs questions essentielles restent insuffisamment clarifiées.
Parmi les points de vigilance figurent notamment :
la répartition des responsabilités entre directions ;
les circuits de décision et d’arbitrage ;
les interfaces entre expertise, instruction et décision ;
la coordination entre les différentes entités de l’établissement.
Pour les experts, la réussite du projet dépendra largement de la capacité de l’ASNR à rendre son organisation plus lisible et à sécuriser les processus de travail.
Des risques accrus pour les conditions de travail
La future organisation repose fortement sur la transversalité et la coopération entre services. Ce choix d'organisation introduit inévitablement une forte transversalité entre services et pourrait entraîner une multiplication des réunions, des sollicitations croisées et des besoins de coordination.
Technologia alerte ainsi sur plusieurs risques :
surcharge de travail ;
fatigue organisationnelle ;
perte de repères ;
tensions entre métiers ;
développement de risques psychosociaux.
Le cabinet recommande la mise en place d’outils de suivi de la charge de travail, d’un accompagnement renforcé des managers et d’un dispositif spécifique de prévention des risques psychosociaux.
Le défi de la fusion des cultures professionnelles
La création de l’ASNR résulte du rapprochement entre l’ASN et l’IRSN, deux institutions aux cultures, aux métiers et aux pratiques professionnelles différentes.
Le rapport souligne que la construction d’une culture commune constitue désormais un enjeu majeur. Les différences entre métiers de la recherche, de l’expertise, du contrôle et de l’instruction demeurent fortes et nécessitent un travail approfondi de dialogue, de reconnaissance mutuelle et d’accompagnement.
L’objectif affiché est de transformer cette diversité en richesse collective plutôt qu’en facteur de division.
Un rejet unanime du projet de réorganisation
Les représentants du personnel ont voté unanimement contre le projet d’organisation des services et les notes d’organisation des directions concernées, ce qui nécessitera un retour de l'administration devant les représentants du personnel avec des axes de travaux et des engagements pour l'accomagnement de cette réorganisation.
Pour la CGT, plusieurs éléments justifient cet avis défavorable :
l’absence d’objectifs clairement identifiés ;
la création de bureaux mêlant expertise et décision ;
une gouvernance jugée trop complexe ;
la fragilisation des collectifs de travail ;
l’insuffisance des garanties concernant les moyens humains et financiers ;
les risques importants pesant sur la santé des personnels.
Un nouveau CSA extraordinaire est prévu afin de permettre à l’administration de répondre aux interrogations soulevées et de présenter des indicateurs concrets permettant d’évaluer la réussite de la transformation.
Une situation budgétaire sous forte tension
Au-delà de la réorganisation, les perspectives financières de l’ASNR ont également suscité de vives préoccupations avec un budget de fonctionnement amputé de 22% sur la totalité et de plus de 40% si on tient compte de la part incompressible de ce budget.
L’ASNR doit faire face à une trajectoire budgétaire marquée par une réduction cumulée de près de 30 millions d’euros sur la période 2026-2028 ainsi qu’à une baisse progressive des effectifs.
Cette situation soulève plusieurs questions :
la capacité de l’ASNR à assumer pleinement ses missions ;
l’avenir des activités de recherche ;
la préservation des fonctions support ;
le maintien d’une expertise scientifique de haut niveau.
Pour la CGT, l’écart entre les ambitions affichées et les moyens disponibles constitue aujourd’hui un risque majeur pour l’efficacité et la pérennité des missions de l'ASNR. La CGT a rappelé la nécessité de prendre dans les hypothèses de travail sur 2027, le risque de service voté prolongé avec la visée des présidentielles, ainsi qu'une nouvelle dégradation des finances publiques. Dans ces conditions, les représentants du personnel ont demandé de disposer dans les prochains mois d'une présentation des choix de priorisation de l'activité dans les unités


